vendredi 13 mars 2015

53 billets en 2015 #11 Toute une nuit pour... accoucher

Cette semaine Agoaye nous propose un thème très large... Toute une nuit pour...

J'ai longuement réfléchi à ce que je pouvais bien publier cette semaine... J'ai hésité à vous raconter une de mes nuits dans la 1re année de mini-chouquette mais finalement je vais vous compter le récit d'une nuit à la fois magique et difficile...

On verra qui lira jusqu'au bout, c'est un récit très personnel... J'avais écrit un récit à chaud pour mes amies proches et ma famille, le voici légèrement modifié... J'ose (enfin) en parler sur mon blog après presque 4 ans...

Préambule :
J'ai accouché par césarienne pour ma maxi-chouquette, j'en ai parlé ICIQuand dans la nuit de mardi à mercredi, vers 2h du matin j'ai ressenti les premières contractions de ma vie, j'étais heureuse ! J'allais enfin pourvoir avoir mon 1er accouchement ! J'ai passé toute la journée à savourer ces contractions qui ne se rapprochaient pas plus que ça. J'ai eu le temps de faire venir mon papa pour qu'il s'occupe de ma maxi-chouquette et vers 20h30 nous étions à la maternité avec mon homme !

Toute une nuit pour... accoucher...

Premier monitoring et première déception : le col était à peine rétracté... La sage-femme nous annonce que le travail n'a pas réellement commencé, elle me propose un suppositoire pour arrêter le travail dans le cas où ça ne serait un "vrai" travail. Je refuse ce médicament chimique, moi je rêve d'un accouchement naturel ! Elle me propose de me faire une échographie car elle est inquiète par ma cicatrice de césarienne. Ils me font attendre et là les contractions deviennent vraiment très douloureuses et je suis debout, je n'arrive pas à m'asseoir...Je suis au bord du craquage, et je me dis que pourtant ce n'est que le début de la nuit ! Mon homme va me chercher mon ballon et là, assise dessus avec lui devant, me donnant ses mains pour surmonter les contractions, j'arrive enfin à me faire ma bulle, ça va mieux ! Après 1h30 d'attente, on me fait enfin l’échographie, j'arrive à me rappeler de dire que nous ne connaissons pas le sexe du bébé et que j'aimerai bien qu'elle ne fasse pas de gaffe. Ouf la cicatrice est normale. Comme elle m'a vue sur le ballon, elle me propose de refaire 1/2 heure de ballon puis de me refaire un examen pour voir si le travail s'est enclenché. Nous sommes d'accord car je ne me vois pas rentrer à la maison. Je gère bien et mon homme est au top. Le nouvel examen révèle que le col est quasiment complètement effacé, ce qui est rapide selon eux donc oui le travail a commencé, nous avons le droit de passer en salle de pré-travail. Je demande si je peux avoir une des salles avec baignoire, l'une d'elles est disponible et j'ai le droit d'y aller tant que la poche des eaux ne s'est pas rompue (cause : strepto B), il faut faire un nouveau monitoring, je demande si je peux le faire sur le ballon car le premier allongé a vraiment été insupportable, elle est d'accord, je suis sur un petit nuage, tout se passe au mieux ! Elle nous laisse gérer pendant 2 h et à son retour grosse déception, zéro évolution et les douleurs deviennent vraiment très fortes. Apprendre que les contractions sont inefficaces alors qu'elles sont maintenant d'une durée de 3 minutes toutes les 10 minutes est un grand coup dur pour moi. Comme les contractions ne sont pas assez rapprochées, elles n'ont aucun effet sur le col... La sage-femme me fait un toucher vaginal pendant une contraction et confirme qu'elle est très forte mais que l'éloignement entre les contractions permet au col de reprendre sa position et de ne pas évoluer !


Elle m'annonce qu'avec un utérus césarisé, ils ne me laisseront pas travailler très longtemps et que je devrai forcément prendre la péridurale. Je lui explique que je ne veux pas, mais elle me dit que là ils ne prendront pas de risque. Concrètement, elle me dit que j'ai deux choix, soit la piqûre de morphine soit la péridurale, mais que même avec la morphine je devrai, par la suite, prendre la péridurale. Je ne suis pas d'accord pour la morphine et je demande un délai d'une heure supplémentaire. Je souffre énormément et je commence rapidement à perdre pied, il est tard, il est presque 2h du matin, mon homme aussi accuse le coup. Nous nous remotivons pour notre petit heure de répit. La sage-femme revient, nous sommes dans l'expectative... Je suis à dilatation 2-3 doigts, ce qui signifie, que cette fois, le travail a vraiment commencé mais que ça va être long, très long selon elle. Et avec un utérus césarisé, il n'est pas concevable de ne pas prendre la péridurale. Elle me rappelle gentillement que s'il y a une urgence et que je n'ai pas la péridurale, je risque une anesthésie générale...

Je finis par accepter en larmes la péridurale et là c'est le début de la fin de mon bel accouchement naturel, je pleure, mon homme me rassure, il essaye de me dire que je n'ai pas le choix... La sage-femme est extrêmement gentille, elle m'a expliqué, qu'il reste 2 salles d'accouchement et que l'on est 2 en salle de pré-travail, donc qu'il suffit d'une nouvelle arrivée pour que tout soit repoussé, soir de pleine lune oblige !!!.

A 6h j'arrive dans la salle du bloc. On me demande si je veux la péridurale ! Le comble ! Non je ne la veux pas mais on me l'impose ! La sage-femme est top et l'étudiante sage-femme aussi. L'anesthésiste est un jeune con qui ne comprend évidemment pas comment on peut, ne pas vouloir une péridurale et quand j'annonce que j'ai la phobie des aiguilles, il serait prêt à en rigoler ! Je me mets à trembler de la tête au pied, l'étudiante sage-femme s'occupe de moi pour me mettre la perfusion, première étape pour moi, elle me parle gentiment, le mec me pique dans le dos et me demande si c'est centré... Je lui réponds que non, je lui demande avec appréhension s'il doit me repiquer, mais il fait un truc et me dit c'est bon. Je lui demande de ne surtout pas trop la doser... Tu parles, il la dose au plus fort !

Mon homme revient. je ne sens déjà plus mes pieds, je n'arrive pas à les bouger, je ne me sens plus dans mon corps ! Je ne sens plus les contractions mais bizarrement je sens mon bébé bouger ! On me perce la poche des eaux pour accélérer le travail, ça y est tout est médicalisé, tout s'enchaîne, injection d'hormone de synthèse, pose d'un capteur sur la tête du bébé et sur mon utérus pour vérifier qu'il supporte les contractions, on augmente progressivement la dose d'hormone, le cœur du bébé va bien et mon utérus suit... 

{commence ça se passe, je m'arrête là car ce n'est plus la nuit ? allez pour celles qui sont encore là je continue....}

8h changement d'équipe, la nouvelle sage-femme se présente et l'étudiante aussi, je réexplique mes souhaits, mais je sens que l'on avance vraiment dans le médicalisé. La sage-femme m'annonce que lors de la rupture de la poche des eaux, il y a du méconium, donc on ne peut pas trop tarder. L'autre sage-femme ne nous l'avait pas dit ! Le travail évolue lentement, trop lentement, elle nous dit qu'elle va noter une dilatation de 3 au lieu de 4 pour que la fois suivante ça ait évolué sinon c'est la césarienne d'office... Elle triche un peu sur les chiffres, moi je suis toujours en dehors de mon corps, je sommeille. Je ne sens toujours rien. 

Vers 11h je suis à dilatation 7 et je commence enfin à ressentir les contractions, que ça fait mal après une telle pause, mais bon je veux sentir la poussée donc je ne remets pas de produits. La sage-femme conseille à mon homme d'aller manger car après ça va s'accélérer. Quand il revient je commence à ne plus supporter les contractions, c'est le moment où les deux sages-femmes sont totalement indisponibles car un autre accouchement est en cours. Les contractions sont extrêmement fortes, elles redeviennent longues (3 minutes) et sont rapprochées. Je pleure, je craque et mon homme me soutient. Je lui dis que je commence à avoir envie de pousser, que c'est bizarre, il finit par appeler.

Il est 12h30, la sage-femme constate que le bébé est là et rien n'est près dans la salle, elle ne pensait pas que ça pouvait aller aussi vite, je suis heureuse, elle aussi, elle m'avoue qu'elle avait peur de la césarienne ! Elle m'annonce que j'aurai 15 minutes de poussée puis que ça serait les cuillères. elle me dit de pousser, je fais une poussée en soufflant et là elle me dit que ça va pas être possible, elle veut des poussées bloquées, pas moyen de discuter, nouvelle claque pour moi. Au bout de 15 minutes, elle m'annonce que le bébé est bloqué ! 

Elle appelle le médecin pour les cuillères... Je suis en larmes, je me reprends, il met du temps à arriver, je m'acharne mais sans résultat, il arrive, se présente et est franchement sympa, je lui dis que je préférerai une déchirure plutôt qu'une épisiotomie, il me dit qu'il va faire tout son possible et j'y crois. Après plusieurs essais, il semble sceptique, on a peur de la césarienne. Il m’annonce qu’il ne peut pas faire autrement que de faire une épisiotomie… Nouvelle tristesse. Il coupe et je pousse de nouveau, il me dit que ça avance bien. La sage-femme nous prévient qu’elle va être obligée d’emmener le bébé car il faut aspirer le méconium… Il sort enfin le bébé, et là pas question d’attendre pour couper le cordon, on voit juste que c’est une fille, mon homme pleure, c’est une petite "mini-chouquette"… On est heureux comme tout, on attend qu’elle revienne. Un pédiatre arrive pour nous annoncer qu’elle a le cœur qui bat trop vite et qu’il veut la garder pour s’assurer que ça redescend sinon couveuse, oh non ! Mon homme ne peut pas rester avec elle, il n’a même pas le droit de rester dans le couloir car il y a beaucoup de naissance, du coup il fait des allers-retours. Pendant ce temps là, j’apprends que j’ai deux déchirures et une très belle (entendre grande !) épisiotomie…Le médecin recoud. La sage-femme vient me dire qu’ils ont respecté mon choix de l'absence du bain malgré la bonne quantité de sang sur la puce : mon seul choix respecté ! 

J’apprendrai 3 jours plus tard, par mon homme, que pour calmer la puce ils lui ont mis une tétine dans la bouche alors qu’il leur a demandé de ne pas le faire, mais c’était selon eux la seule méthode pour la calmer (et sur mon ventre, elle ne se serait pas calmer plus vite, bande de cons !), mon homme a demandé à ce que je ne le sache pas car il a estimé que j’en avais déjà assez bavé comme cela ! 

La sage-femme a été voir les pédiatres pour leur dire que ça allait, la puce était calme, qu’il n’y avait aucune raison pour qu’elle ne retrouve pas ses parents, on nous l'a ramenée au bout de 40-45 minutes ! Enfin le temps du peau à peau et de la première tétée immédiatement à sa demande. Ouf, ça y est tout est terminé je vais enfin pouvoir me concentrer sur ma fille !

Épilogue :
J’ai eu la chance de pouvoir faire un débriefing de mon accouchement avec la sage-femme qui m’a fait les cours de préparation à l’accouchement et avec mon dossier dans les mains, elle m’a dit que j’avais frôlé la césarienne un très grand nombre de fois : strepto B, méconium dans la poche des eaux, 1recésarienne, travail long et dur, bébé bloqué… mais heureusement l’équipe a compris que je tenais vraiment à accoucher par voie basse et surtout, heureusement que ma puce a eu un rythme cardiaque parfaitement stable car sinon c’était la 2e césarienne !!!

Toute une nuit pour finalement avoir un accouchement par voie naturelle ultra médicalisé, donc un accouchement tout sauf naturel !!!

Merci de m'avoir lu...

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5 commentaires:

  1. Je t'ai lu du début à la fin....même si tu as écris en tout tout petit.....
    Merci de partager un moment aussi important...dans une vie de maman..
    ...

    Lili

    lespetitsloulousbricoleurs@centerblog.net

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  2. Je viens de vous lire, jusqu'au bout.
    Comme quoi, du rêve à la réalité, il N'y a PAS qu'un pas...
    Vous pouvez être fière de vous malgré tout !
    Laurie (L'eau Rit Le Clair)

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  3. Eh bien.... J'ai été captivée par ton récit... Pas facile en effet de voir ses choix tomber à l'eau les uns après les autres. Mais maintenant c'est le résultat qui compte !

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  4. Coucou,
    Je viens de te lire, ton récit a été très émouvant. J'avoue avoir eu bcp de chances avec les accouchements, 2h et 1h de présence à l'hôpital pour les deux, ça été très vite

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  5. Que d'épreuves... Tu sais mieux vaut un accouchement médicalisé qu'une séparation avec ton bébé dès la naissance... Nous l'avons vécu deux fois et je te garantie que tout comme toi nous l'avons vraiment mal vécu...

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